Coups de Gueule

Coup de Gueule #1 – Lettre à un bâtard

[TRIGGER WARNING : violence, agression sexiste]

A St Michel, Toulouse

Le 3 octobre 2018

 

Monsieur,

Notre rencontre restera toujours pour moi inoubliable bien qu’elle soit plus proche du coup de poing ou de gueule que du coup de foudre.

Originale, celle-ci se déroule dans un bar où je prenais un verre avec un ami.
J’imagine que du haut de vos 50 ans et au regard des litrons de bière consommés vous ne devez pas vous souvenir de moi, surtout que selon votre ami c’est pas la première fois que  « Tonton déconne ».

Je vais donc vous rafraîchir la mémoire.

Je rentre dans le bar avec mon ami. Quand je vous ai vu pour la première fois, je vous ai trouvé absolument exécrable. Vous ne teniez pas debout ni physiquement ni dans vos propos.

Vous hurliez à une pauvre serveuse que « c’est une sale petite conne. Non, vraiment une grosse grosse conne tout bien réfléchi ».

C’est donc avec toute la patience qui  me caractérise que j’ai pris sa défense. En  vous disant que vous pourriez avoir un tant soit peu de respect pour la personne qui vous sert votre précieuse bière et que si par ailleurs elle n’avait pas envie de vous parler, c’était bien son droit.
Je croise le sourire désespéré de la serveuse et l’exaspération muette dans les yeux de ses collègues masculins qui ne savaient plus quoi faire pour l’aider.

Cette histoire sonne familière pour ceux qui ont déjà fréquenté un bar. Je veux dire, c’est banal, à quoi bon déblatérer sur le sujet?
Sauf, que c’est ce moment qui nous amènera Monsieur à notre seconde rencontre.

1 heure plus tard, je rentrais chez moi accompagnée de mon ami -ce sauveur- qui habitait dans la même direction. Quand je vous ai revu vous étiez accompagné d’un pote qui lui aussi devait vivre dans la même direction que la vôtre. Vous m’avez interpellée, en disant que vous vous étiez excusé auprès de la serveuse et que vous ne compreniez pas pourquoi moi je n’avais pas envie de vous parler, surtout que vous aviez laissé pour moi votre numéro au serveur.

Comme un certain philosophe le dit si bien,
sur un malentendu ça peut marcher.

Or, le ton monte car je tente de vous expliquer que le problème ce n’est pas de s’excuser après méfait c’est juste de ne pas agir de la sorte. Vous me coupez la parole pendant 10 minutes, vous me traitez de conne prétentieuse qui a quand même une grande gueule.  Selon vos dires,

             chez vous « les femmes, elles savent la fermer »

Excédée par ce flot d’insultes et d’inepties, je vous dis que vous êtes un « bâtard » et que vous pouvez bien aller vous faire foutre. Primaire, mais c’est une réponse efficace pour vous faire taire.

Mais je crois que j’ai mal anticipé la réaction d’un type de votre genre, qui n’accepte pas que l’autre vous contredise. Heureusement, j’habite l’immeuble à côté. Je claque mon portillon et cours dans les escaliers avec mon ami.
Dans une rage aveuglante vous me suivez, et escaladez les marches vite, vite.

C’est incroyable ce à quoi on peut penser quand notre vie est menacée, vraiment.

Pendant que vous m’étranglez et que nos amis respectifs tentent de vous contrôler, je me dis que c’était plutôt ironique, parce que j’ai toujours trouvé que mon cou était disproportionément long. Ce genre de pensées idiotes n’a pas duré longtemps…

J’avais quand même envie de vivre. Vous savez, on m’a toujours appris à porter mes idéaux, toujours, et là j’ai dû m’excuser auprès de vous, pour pouvoir avoir l’opportunité de respirer à nouveau.

D’un côté je sais que vous l’avez fait pour mon bien parce que :

« Sale petite conne, je vais te montrer moi, je vais t’éduquer   salope ! T’apprendre le respect ! »

Ca partait clairement d’une super intention, mais moi ce mode d’éducation c’est pas vraiment mon truc.

Si mon ami n’avais pas été pas là, je ne sais pas ce qu’il se serait passé et j’ai des remords de l’avoir mis en danger.

Je vous remercie du coup de m’avoir laissé la vie sauve, et de m’avoir juste bien pété la gueule. J’apprécie. Cependant, me menacer en disant que vous reviendrez me        « buter salope » je crois que c’est un peu de trop.

Vous savez quoi, Monsieur, je suis désolée mais la leçon n’a pas été comprise car là je continue de parler,
et je ne m’arrêterai jamais.

Pour conclure, Monsieur je réitère mes propos : vous êtes un bâtard.

Bien à vous,

Une petite conne mal éduquée certes, mais vivante.

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